Les industriels sont les sauveteurs naturels des PME opérant dans leurs secteurs et se trouvant en difficultés. Ils comprennent l’environnement, peuvent simplement analyser les causes de la défaillance et y remédier par une équipe de direction aguerrie.Pour autant, ils laissent depuis des années le champ libre à des individus, ou des fonds de retournement, dont les compétences devant les tribunaux de commerce ne peuvent être déniées, mais qui ne peuvent redéployer leurs acquisitions de façon aussi efficace qu’un acteur industriel possédant expertise et réseau commercial.Pouvons-nous nous permettre le luxe de poursuivre dans cette voie ? La restructuration n’est elle qu’une question d’écrasement de l’endettement, de réduction de coûts ? La réponse est bien évidemment non.

« Il faut donc trouver une manière de réconcilier les industriels avec la restructuration de notre tissu productif »

Analysons, tout d’abord, les explications principales de ce retrait. Il semble qu’elles soient au nombre de deux. D’une part, l’existence de risques de contagion (principalement social, mais également d’image). D’autre part, le fait qu’il s’agisse le plus souvent de situations d’urgence les rend peu compatibles avec le mode opératoire interne (un industriel sera plus prudent qu’un investisseur en retournement).Trois pistes permettraient de remédier à cette situation.
  1. rendre lisibles les procédures existantes par deux efforts conjugables : former les acteurs économiques au droit méconnu des entreprises en difficultés et simplifier celui-ci pour permettre à des industriels de le comprendre ;
  2. créer des périodes de « franchise » permettant à un industriel de prendre le risque de reprendre un acteur de son secteur sans déclencher les mécanismes consolidant – et renchérissant – cette acquisition avant que la situation ne soit stabilisée ;
  3. mettre en place des partenariats alliant les compétences du retournement et les atouts des industriels du secteur. Cette voie passera bien entendu par une nouvelle approche de l’investisseur en retournement, qui devra – à défaut de rendements financiers mirifiques – partager la valeur et démontrer ainsi sa contribution à l’élaboration de solutions novatrices propres à sauver des emplois.

Sur les auteurs : Nicolas de Germay possède une expérience de plus de 20 ans en matière de traitement des difficultés d’entreprise. Président d’honneur et fondateur de l’Association professionnelle des spécialistes de la restructuration (ARE – www.are.fr), il participe à ce titre, depuis plus de 15 ans, aux travaux de réforme des procédures collectives en France aux côtés des pouvoirs publics.

Jérôme de Chanaud est avocat. Il a intégré une étude d’administrateur judiciaire en tant que collaborateur. Titulaire de l’examen d’accès au stage d’administrateur judiciaire, il exerce en région parisienne et dans l’est de la France.

Retrouver l’article : http://www.r-if.fr/

Pour aller plus loin : http://www.alandia.fr/notre_equipe–FR

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