Vivien & Associés

Mayday a rencontré Laurent Assaya, Avocat Associé chez Vivien & Associés, en charge de la pratique restructuring. Doté d’une grande expérience, il s’est récemment illustré dans le dossier Toys R Us, où il a réussi la remarquable prouesse de faire gagner le repreneur qui pourtant ne partait pas favori. Quittant les grandes firmes internationales, il semble avoir gagné en agilité pour se concentrer sur ce qui fait sa valeur ajoutée. Reconnu pour la finesse de ses analyses et son appréciation des rapports de force, il a su s’imposer parmi les acteurs majeurs du restructuring. L’occasion de faire le bilan de sa première année au sein du cabinet Vivien & Associés.  

Mayday : Vous avez monté la pratique restructuring chez Vivien & Associés il y a un an. Pourriez-vous revenir sur votre parcours.

Laurent Assaya : Historiquement, je viens du monde du transactionnel. J’ai commencé dans une équipe Public M&A avec Thierry Vassogne qui m’a impliqué dans le dossier de la faillite de la banque Pallas Stern et j’ai découvert la procédure collective comme cela. J’ai ensuite rejoint Fried Frank où j’ai fait du distressed M&A, aux côtés notamment de Maurice Lantourne et David Chijner, avant d’intégrer Jones Day où j’ai dirigé la pratique restructuring pendant une dizaine d’années.

Crédit photo : Sight by Sight

Mayday : En provenance de Jones Day et Fried Frank où vous avez passé près de 20 ans, vous avez intégré il y a un an le cabinet français Vivien & Associés. Comment vous sentez-vous dans votre nouveau costume ?

LA : Culturellement, il n’y a pas de différences entre les avocats de mes anciens cabinets et ceux de chez Vivien. Je connaissais bien les avocats du cabinet, dont certains depuis longtemps, puisque j’ai par exemple rencontré Judith Fargeot en classe préparatoire HEC et nous avons fait HEC ensemble. Tous sont issus de grands cabinets internationaux et Vivien propose les standards de qualité les plus élevés, avec plus de souplesse sur les modes de facturation, ce qui nous rend plus compétitifs notamment sur les dossiers midcap. Le cabinet Vivien conseille historiquement des gros corporates et je me sens parfaitement à l’aise dans cet environnement.

Mayday : NFM Technologies, Electrolux, Toys R Us, votre première année a été marquée par des dossiers emblématiques. Quel bilan en tirez-vous ?

LA : Je ne peux pas me prononcer sur ces dossiers qui sont en cours, mais plus globalement nous avons été impliqués dans 5 dossiers nous conduisant à Bercy tant devant le CIRI que devant le Délégué Interministériel aux Restructurations d’Entreprises pour des problématiques diverses. Cette première année fut donc chargée et nous a permis de structurer notre équipe de 4 personnes tout en nous appuyant sur les équipes en place chez Vivien et notamment les équipes contentieuses.

Mayday : Vous êtes intervenus cette année dans le secteur du jouet ou de la grande distribution notamment. Cultivez-vous une expertise sectorielle particulière et pourriez-vous nous dire quel serait votre client idéal ?

LA : J’apprécie tous les secteurs, même si j’affectionne l’environnement des start-up, notamment dans les nouvelles technologies. Nous avons des entreprises qui connaissent des crises de croissance ou des défauts d’actionnaires. Dans ce cas, on a un environnement juridique très efficace pour pallier leurs problèmes, notamment avec la boite à outils des procédures préventives et collectives, et un environnement économique où fondateurs et fonds d’investissement trouvent historiquement des solutions. Par conséquent, nous disposons de moyens efficients pour les aider. Lorsque l’on parle de France Start Up nation, on est dans le vrai.

Concernant le client idéal, je dirais que nous avons beaucoup travaillé avecde grands groupes internationaux qui ont besoin d’être accompagnés tant en français qu’en anglais dans notre environnement juridique gaulois,. On est capable de les introduire et de leur ouvrir les portes  ; les grands groupes sont en confiance !

Mayday : Crise des Gilets Jaunes, environnement jurisprudentiel parfois surprenant : comment les étrangers perçoivent notre environnement juridique parfois instable et comment anticipez-vous l’année 2019 ?

LA : Ce qui est certain, c’est que les investisseurs attendent plus de sécurité juridique. En revanche, je pense que la crise des gilets jaunes n’a pas un impact très important sur l’attractivité de la France à l’étranger et a le mérite de nous faire ouvrir les yeux sur certains dysfonctionnements. La situation politique italienne n’est pas plus attractive, le Brexit fait peur et l’Allemagne vit également une période d’incertitude politique. En revanche, l’insécurité jurisprudentielle pourrait poser des difficultés. La France est un grand marché, mais les investisseurs étrangers se demandent toujours jusqu’à quel prix ils sont prêts à payer pour l’intégrer. Notre rôle consiste précisément à les accompagner dans ces phases complexes.

Plus globalement, l’année 2019 va être une année chargée où nous serons tous confrontés à des problématiques macro comme le ralentissement généralisé en Europe et le Brexit ou micro comme la chute des ventes de moteur diesel où plusieurs rapports évoquent environ 15.000 emplois en danger. Je ne parle même pas du retail qui subit une crise majeure et de la difficulté à gérer des facteurs comme le prix du pétrole, dont la volatilité impacte significativement certains Business Plan.

Mayday : L’activité législative bat son plein. Loi Pacte, réforme de l’Union Européenne à venir, que retenez-vous des projets de réforme en cours ?

LA : Il y a de bonnes choses dans la Loi Pacte. Par exemple la neutralisation des clauses de solidarité inversées dans les baux commerciaux participe d’une meilleure efficacité de la procédure collective. Concernant l’Union Européenne, la réforme visant à uniformiser les systèmes juridiques des différents Etats ne pourra que participer à créer plus de fluidité et de liquidité. Il ne faut pas perdre de vue que nous avons besoin d’attirer les investissements chez nous. Pour cela, intégrer dans notre système les classes de créanciers qui sont connues des anglo-saxons et qui vont apporter de la sécurité juridique va dans le bon sens.

Propos recueillis par Cyprien de Girval 

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