Mayday est allé à la rencontre de Pierre-Yves Thoulon, Directeur Général et cofondateur de la société Crosslux, spécialisée dans la conception de vitrages photovoltaïques pour convertir les façades en centrales solaires.

Il revient sur les difficultés traversées par Crosslux et la nécessité de trouver de nouveaux investisseurs dans un temps très court pour survivre à la liquidation judiciaire de l’entreprise et lui offrir le potentiel de développement qu’elle mérite.

Mayday : Pourriez-vous nous présenter votre société, Crosslux ?

Pierre-Yves Thoulon : Crosslux est une entreprise fondée en 2011 par Marc Ricci et moi-même. Elle conçoit des vitrages photovoltaïques producteurs d’électricité, à installer sur les façades des bâtiments de bureaux construites essentiellement en verre et en acier.

Mayday : Dans quel contexte de marché lancez-vous ce projet ?

PYT : A l’époque, des normes relatives à la consommation d’énergie du bâtiment commencent à émerger, imposées par des directives européennes. Elles prévoient notamment de conditionner l’obtention du permis de construire à la capacité, pour le bâtiment, de produire de l’électricité lui-même, par exemple pour couvrir tous les besoins du bâtiment en termes de consommation de base (chauffage, climatisation, eau chaude, éclairage, pompes et accessoires).

Mayday : Qu’apporte votre solution en réponse à ces enjeux écologiques ?

PYT : Le photovoltaïque reste la seule énergie propre exploitable en milieu urbain, mais les panneaux tels qu’ils existent aujourd’hui nécessitent de la place pour être déployés. Or, la place manque sur les toits des tours et des gratte-ciel pour envisager une production intéressante.

D’où l’idée d’utiliser les façades de ces immeubles représentant une surface très importante et donc un fort potentiel de production d’énergie. Pour illustrer mon propos, la nouvelle tour One World Trade Center à New-York représente 30 hectares de surface vitrée.

Se mettre en façade demande d’adapter la technologie pour que ce soit indolore pour l’occupant. L’objectif de Crosslux est donc de se substituer au vitrage classique en rendant le panneau solaire partiellement tranparent, ce que nous permet la technologie des couches minces qui se travaillent facilement et modifient très peu les caractéristiques mécaniques et thermiques du vitrage.

Mayday : Quelles ont été les étapes de votre développement et comment vous êtes-vous financés ?

PYT : La première étape a consisté à développer la preuve de notre concept via la réalisation d’un prototype. Nous nous sommes financés au démarrage grâce à nos fonds propres et à Bpifrance qui était très intéressée par la technologie.

En 2013, nous avons levé 635 000 euros qui nous ont permis de finaliser nos efforts sur la R&D.

Début 2016, nous avons amorcé la seconde étape, celle de l’industrialisation. Nous avons levé 1,7 millions d’euros et avons intégré les équipements et 13 salariés de la société Nexcis qui avait développé une technologie de panneaux photovoltaïques avec laquelle nous avions des synergies. Nous nous sommes lancés dans la phase de réinstallation de ces équipements et de remise en route.

Durant l’été 2017, nous avons levé à nouveau 800 000 euros auprès d’acteurs privés et un peu moins d’1 million auprès d’acteurs publics pour achever cette phase d’industrialisation.

Mayday : Fin novembre 2017, vous avez sollicité l’ouverture d’un redressement judiciaire. Quelle est l’origine de vos difficultés ?

PYT : Nous avons subi un décalage important dans l’arrivée des fonds et des subventions qui a provoqué des difficultés de trésorerie. Ces difficultés ont empêché la remise en route de la totalité des équipements et ont fragilisé la stabilité de l’entreprise qui porte pourtant un projet inscrit dans l’air du temps, à très forts enjeux écologiques et qui suscite l’engouement de la part de la population parce qu’il a du sens.

Mayday : On parle d’un marché à 22 milliards de dollars à l’horizon 2022, votre technologie est là, vous semblez proche du but. Comment redonner vie à Crosslux ?

PYT : La preuve du concept a été faite, la technologie est là et la ligne de production en cours de montage. Il nous reste 12 à 15 mois de travail pour asseoir la crédibilité industrielle de la technologie et nous avons besoin de 2,5 millions d’euros pour nous permettre de poursuivre cette belle aventure.

Mayday : A quoi vont servir ces fonds ?

PYT : Nous devons achever notre phase d’industrialisation par la mise en route de la deuxième moitié des équipements qui nous prendra entre 12 et 15 mois à l’issue desquels la ligne de production pilote sera effective et ouvrira sur des perspectives de construction d’une usine ou d’alliance avec des verriers.

Mayday : Où en êtes-vous aujourd’hui ?

PYT : Nous nous battons chaque jour pour trouver une solution et avons des pistes de discussion en cours. Nous sommes à la disposition de tous ceux qui souhaitent en savoir plus et avons besoin du soutien de tous pour permettre à Crosslux de rebondir ! Les délais sont courts, nous avons 1 mois pour trouver une solution !

Propos recueillis par Bastien de Breuvand et Cyprien de Girval

Pour aller plus loin : http://www.crosslux.eu/fr/

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