Virginie Verfaillie

Mayday a rencontré Virginie Verfaillie Tanguy, avocate associée chez Bremond & Associés, qui vient d’être élue Présidente de l’Association pour le Retournement des Entreprises (ARE) qui regroupe 236 professionnels reconnus dans toutes les disciplines du retournement d’entreprises. L’occasion de l’interroger sur les grandes orientations de sa mandature.

Mayday : Pourriez-vous nous rappeler comment fonctionne l’ARE et qui sont les membres du bureau qui ont été élus à vos côtés ?

Virginie Verfaillie : Tout d’abord, je tenais à souligner que suis honorée d’être la première femme à avoir été nommée présidente de l’ARE.

Cette association de bénévoles a vocation à regrouper l’ensemble des professionnelsdu retournement, du refinancement et de la restructuration, quel que soit leur métier pour renforcer l’efficacité du retournement en France et à l’international.

L’ARE compte aujourd’hui 236 membres d’horizons très divers.

L’association est administrée par un bureau composé de membres élus pour une durée de 3 ans. Je préside depuis le 1erjanvier 2020, un bureau composé de 11 membres en activité (Xavier Bailly, Alexandra Bigot, Hélène Bourbouloux, Claude de Craene, Claude Dampierre, Clotilde Delemazure, Benoit Desteract, Céline Domenget-Morin, Thierry Grimaux, Philippe Jeannerot, Patricia Le Marchand) et de 5 membres invités en qualité d’anciens présidents (Nicolas de Germay, Guilhem Brémond, Cédric Colaert, Jean-Dominique Daudier de Cassini et Olivier Marion). Sont invités également notre conseiller en communication, Guillaume Foucault, et notre déléguée générale, Ithaca de Boncourt.

L’ARE a mis en place des commissions spécialisées pour travailler sur des sujets précis :

  • La commission des Partenariats Universitaires animée par Douglas Rosefsky ;
  • La commission Formation animée par Véronique Dobelle ;
  • Le comité des Lois, des Techniques et des Pratiques animé par Alexandra Bigot et Jean-Dominique Daudier de Cassini ;
  • Le comité Ulysse animé par Benoît Desteract ;
  • Le nouveau comité Digital créé cette année et animé par Xavier Bailly et Claude Dampierre.

Mayday : Quel est votre plan d’action, quels chantiers envisagez-vous de mener à bien pendant votre mandat ? Quels sont les objectifs de l’ARE pour les prochaines années ?  

VF : Le premier axe d’orientation pour cette année est une promotion accrue de la prévention des difficultés des entreprises grâce notamment à une communication renforcée. Je crois que les réseaux sociaux peuvent être un formidable vecteur, tout comme le Prix Ulysse et le Prix des lecteurs qui contribuent grandement à développer une véritable culture du rebond. Pour ce faire, nous avons mis en place un nouveau comité Digital et désigné Guillaume Foucault comme responsable de la communication pour nous aider dans ce chantier.

Par ailleurs, nous souhaitons poursuivre notre travail d’évangélisation de la prévention auprès du monde des entreprises notamment par le biais de colloques. Après Lille en 2019, nous organisons un colloque à Marseille en 2020 sur le thème de la prévention des difficultés.

Nous avons en effet fait le constat que très peu de dirigeants d’entreprises savent qu’il existe des procédures préventives et des outils leur permettant de sortir la tête de l’eau avant qu’il ne soit trop tard. Beaucoup ne connaissent pas par exemple l’existence des procédures CCSF, des CRP ou des aides régionales. Ils ne connaissent pas non plus le CIRI. Il nous semble impératif d’aller à la rencontre de ces chefs d’entreprise, directement ou en partenariat avec d’autres associations ou des institutions, pour leur expliquer que ces mécanismes existent et qu’ils peuvent les aider.

J’en arrive au deuxième chantier qui est lié au premier et qui porte sur l’implantation de l’ARE au niveau régional afin qu’elle puisse agir au plus près des chefs d’entreprises.

 « Développer des actions dans les régions en s’appuyant sur les réseaux locaux et en faisant des actions communes avec les associations en place. » 

L’idée n’est pas de remplacer les associations locales qui sont déjà en place et qui fonctionnent très bien – je pense notamment à l’association Prévention et Retournement à Lyon ou à l’Association des Acteurs du Retournement de l’Ouest (AARO) à Nantes – mais de développer des actions dans les régions en s’appuyant sur les réseaux locaux et en faisant des actions communes avec les associations en place. Nous ne sommes pas concurrents, bien au contraire : nous poursuivons les mêmes valeurs et un projet commun.

Nous avons d’ores et déjà collaboré avec la Compagnie des Conseils et Experts Financiers (CCEF) et le groupe IRD (Réseau Entreprise et Cité) avec qui nous avons organisé des formations pour la première et un colloque pour le second et qui disposent d’un maillage territorial très important.

Un troisième chantier qui nous tient à cœur, c’est la sensibilisation des jeunes générations. Nous avons mis en place des partenariats avec des grandes écoles et des universités et nous souhaitons créer d’autres synergies grâce à l’intervention de notre commission des Partenariats Universitaires qui fait un travail remarquable.

 « Pour développer la culture du rebond si chère à nos amis d’outre-Atlantique, il nous faut agir auprès des étudiants »

La commission des Partenariats Universitaires a déjà mis en place des partenariats avec l’ESSEC, HEC, l’EDHEC, et les universités Paris-Dauphine et Paris 1 et cherche à développer ce réseau en vue de nouveau partenariats avec d’autres grandes écoles et universités dans toute la France.

Nous avons en effet fait le constat que pour développer la culture du rebond si chère à nos amis d’outre-Atlantique, il nous faut agir auprès des étudiants.

Enfin, le dernier axe de réflexion porté par notre comité des Lois, des Techniques et des Pratiques concerne évidemment la mise en œuvre de la réforme des sûretés et la transposition de la directive insolvabilité.

« Notre objectif est de semer des graines et de tout faire pour qu’elles germent. Notre rôle est de sensibiliser et d’oser faire des propositions »

L’ARE est d’ores et déjà impliquée sur ces questions législatives puisqu’elle est devenue un acteur de référence auprès de la Direction des Affaires Civiles et du Sceau à la Chancellerie et auprès du Ministère de l’Economie et des Finances. Elle est notamment intervenue dans le cadre de la consultation sur le projet de loi Pacte et sur le projet de réforme des sûretés.

Cette année, le groupe de travail du comité des Lois mené par Alexandra Bigot, doit accomplir un important travail dans le cadre de la consultation à venir sur le projet de loi de transposition en droit français de la directive insolvabilité du 20 juin 2019.

Notre idée est de multiplier ces initiatives pour échanger avec la chancellerie et les différents ministères concernés, sur les améliorations qui pourraient être faites en matière de prévention. Je pense notamment au droit du travail. Il y a de nombreux points qui pourraient être améliorés et décomplexifiés. Par exemple, les textes relatifs à la garantie des AGS qui pourraient être plus lisibles ou encore la suppression de l’obligation d’un accord de l’inspection du travail pour le licenciement d’un salarié protégé dont l’employeur est en liquidation judiciaire et qui n’a pas trouvé de repreneur.

Notre objectif est de semer des graines et de tout faire pour qu’elles germent. Notre rôle est de sensibiliser et d’oser faire des propositions. Ces initiatives prennent du temps mais portent leurs fruits. Aussi, il apparaît très important pour l’ARE de continuer à essayer d’assouplir les règles applicables et les rendre cohérentes avec la pratique des entreprises en difficultés.

Par Pauline Vigneron

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