France Loisirs

Né en 1970 en France, le Club de livre France Loisirs rempli depuis 47 ans la mission de « passeur de livres » pour les faire connaître dans chaque recoin de notre territoire. C’est aujourd’hui le plus grand Club de livre français qui rassemble 2 millions de membres et leur propose une sélection de plus de 8 millions de livres, des plus connus aux introuvables, notamment via Chapitre.com, première librairie en ligne française. Une marque forte avec une offre qui n’a pas beaucoup évoluée depuis l’origine et qui subit la concurrence d’Amazon, Cultura et des hypermarchés. France Loisir n’échappe pas à la crise du marché du livre et de l’édition. Comment réagir pour ne pas mourir ?

Adrian Diaconu, patron de France Loisirs (via la maison mère Actissia) veut sauver l’entreprise. Cet ingénieur, passionné de nouvelles technologies, a de grandes ambitions pour redonner vie à ce Club et croit en la force du O2O (online to offline) qui mêle à la fois les ventes en ligne et en points de vente physiques. Il reprend l’entreprise en mars 2015, alors placée en liquidation judiciaire et se lance dans un vaste projet de transformation qu’il ne parvient pas à achever faute de trouver les fonds nécessaires pour atteindre son objectif. Le 1er décembre 2017, le Groupe constitué de France Loisirs et de ses filiales (centre d’appel et logistique) a obtenu du Tribunal de commerce de Paris l’ouverture d’une procédure de redressement judiciaire avec une période d’observation de 6 mois, dans l’espoir de trouver une solution.

Dans une interview réalisée pour le site internet Actualitte en juin 2017, Adrien Diaconu précise ses ambitions : faire de France Loisirs « l’acteur de référence dans l’écosystème de l’édition, en promouvant la lecture et en ramenant les livres dans tous les coins et recoins des pays francophones, mettant en contact permanent les auteurs avec leurs lecteurs en nous appuyant sur nos partenaires, les éditeurs ». Pour y parvenir, il a une méthode : se recentrer sur l’ADN de France Loisirs (le livre proposé au client à des prix attractifs) et revoir entièrement le business model de l’entreprise.

Pour cela, il est d’abord nécessaire de traiter les problèmes structurels non réglés depuis 10 ans, notamment par la refonte des offres commerciales en élargissant le panel de choix à l’ensemble des livres francophones (proposition d’un segment pour les enfants) et par le lancement d’un plan de restructuration qui a permis d’économiser 30 millions d’euros en 2016 et autant en 2017.

Pour transformer l’entreprise, Adrian Diaconu a de nombreux projets : améliorer la maîtrise des abonnements via une plateforme informatique qui peut gérer d’autres produits que les livres, comme la vente de services complémentaires (voyages, loterie…) qui généraient autrefois 60% des bénéfices; conserver et densifier le réseau de boutiques et les ouvrir à l’ensemble du public et développer des Corners France Loisirs. L’idée générale est de faire évoluer les boutiques vers des espaces plus grands en proposant des coins ouverts à d’autres types d’activités ou de produits, comme par exemple des cafés.

A ce jour, si une piste semble à l’étude, France Loisir est toujours à la recherche d’un partenaire industriel et a besoin de 20 millions d’euros pour finaliser son plan. Devant l’urgence de la situation, l’entreprise est contrainte de devoir mettre en œuvre un Plan de Sauvegarde de l’Emploi (PSE) qui sera proposé par les administrateurs judiciaires au juge commissaire et qui pourrait concerner 450 salariés sur les 1800 que compte l’entreprise. Une mesure qui pourrait permettre de trouver une solution de sortie avec le partenaire identifié qui exerce dans le domaine de l’internet, des arts et des médias.

Par Bastien de Breuvand

 

 

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