Comme chaque année, rendez-vous fut donné à l’Automobile Club par l’Association des Professionnels du Retournement (ARE), présidée par Céline Domenget-Morin, pour célébrer le Prix Ulysse. Véritable institution du marché, ce prix distingue un retournement remarquable dans lequel la mobilisation des équipes, des dirigeants et de l’ensemble des parties prenantes a permis de redonner un avenir à une entreprise en difficulté. Cette année, Supratec a été désignée lauréate. Les deux autres entreprises nominées ont également été saluées : Asia et Sigmaphi, cette dernière ayant par ailleurs obtenu le Prix des lecteurs des Échos
Depuis 2011, les membres de l’ARE ont été invités à proposer des entreprises dont le retournement s’est révélé particulièrement remarquable au cours de l’année écoulée, jusqu’à fin octobre 2025. Les dossiers de candidature ont ensuite été étudiés par le Comité Ulysse, chargé d’analyser les situations au regard de critères sociaux, industriels et financiers.
Le comité 2026 était composé de Lionel Gouget, responsable du Comité, ainsi que de Sophie Barbé, Thibaud Caulier, Clotilde Delemazure, Benoît Desteract, Jean-Louis Detry, Amaury Dumas-Marze, Guillaume Foucault, Timothée Gagnepain, Philippe Hery, Xavier Mesguich, Marine Pace, Serge Pelletier et Jérémie Surchamp.
Placée sous le haut parrainage de Patrick Martin, président du MEDEF, cette 16ᵉ édition du Prix Ulysse a réuni les acteurs du restructuring autour de trois dossiers particulièrement marquants. Cette année, trois entreprises étaient en lice : Asia, Sigmaphi et Supratec.
Et, pour sa 16ᵉ édition, le Prix Ulysse 2026 a finalement été décerné à Supratec, saluant un redressement jugé particulièrement exemplaire par le comité.
Supratec, un acteur industriel en pleine relance
Groupe industriel français reconnu depuis plus de 60 ans, Supratec débute son activité dans le négoce technique et la distribution de composants mécaniques pour l’industrie française. Aujourd’hui, l’industriel pilote 5 sociétés dont les activités vont de la distribution de composants pour l’aéronautique au marquage sur mesure pour l’industrie. Présidée par Yoann Hébert, la société réalise plus de 60 M€ de chiffre d’affaires, dont un tiers à l’international.
En 2019, le groupe connaît des difficultés notamment liées à son activité ingénierie puis à la crise du Covid-19 : le secteur aéronautique et les chaînes de production s’arrêtent, provoquant un effondrement de son chiffre d’affaires. Face à cette situation, Supratec réagit rapidement et lance un plan de retournement sur trois ans : sécurisation de la trésorerie et de l’emploi, réorganisation et recentrage stratégique, puis consolidation financière et relance de la croissance à partir de 2022. Une attention particulière est portée au volet social afin de restaurer un climat de confiance, tandis que le soutien des actionnaires historiques et l’ouverture du capital permettent de financer le redressement et d’accélérer la relance.
Pour Supratec, les résultats sont conformes aux objectifs : retour à l’équilibre dès 2021, croissance soutenue du chiffre d’affaires (+80 % entre 2020 et 2025), rentabilité restaurée et trésorerie améliorée, permettant au groupe de mener ses actions sans recourir à un nouvel endettement.
Après une croissance externe réussie sur le marché asiatique, Supratec aborde désormais l’avenir avec ambition et dynamisme, ayant retrouvé sa place d’acteur industriel de référence.
Une trajectoire de redressement qui a su convaincre le comité et qui lui vaut aujourd’hui d’être récompensé par le Prix Ulysse.
Sigmaphi a également été récompensé par le prix des lecteurs des Echos.
Par Agathe Caquineau























