Camaieu

En redressement judiciaire depuis la fin du mois de mai 2020, l’enseigne de prêt-à-porter féminin Camaïeu arrête son plan de cession au profit de la société d’investissement FIB. Largement impactées par la crise sanitaire, les grandes enseignes de prêt-à-porter française Naf Naf, La Halle, André et maintenant Camaïeu peuvent respirer de nouveau.

Fondée en 1984 à Roubaix, la société de prêt-à-porter Camaïeu se présente comme le leader français de l’habillement féminin à petit prix. Elle emploie 3.146 salariés sur l’ensemble du territoire national français, dont 450 au siège et s’appuie sur un réseau de 643 magasins en France et 198 à l’étranger.

Déjà fragilisée par le mouvement des Gilets jaunes et les grèves contre la réforme des retraites, l’enseigne avait commencé à mettre en œuvre un plan de transformation et un accord de financement était sur le point d’être conclu avec les actionnaires et les banques. La survenance de la crise sanitaire a obligé le groupe à fermer brutalement ses magasins et a été contrainte de déposer une déclaration de cessation des paiements auprès du Tribunal de commerce, faute d’obtenir de prêt garanti par l’Etat (PGE) qu’elle avait sollicité. Par jugement du 26 mai 2020, le Tribunal de commerce de Lille a prononcé l’ouverture du redressement judiciaire de la société Camïeu avec une période d’observation d’une durée de 6 mois et a désigné les études AJC (Jean-Luc Mercier et Colins Metallier) et BCM (Eric Bauland) en qualité d’administrateurs judiciaires et les études MJ Valem Associés (Emmanuel Loeuille) et MJS Partners (Nicolas Soinne) en qualité de mandataire judiciaire.

A la date limite de dépôt des offres, sept offres ont été présentées aux administrateurs judiciaires dont deux principales :

  • celle portée par l’actuel PDG Joannes Soënen et par trois fonds actionnaires (GoldenTree, CVC et Farallon) de la société prévoyant la reprise du siège et de 403 magasins outre la reprise d’un point de vente à Monaco via une filiale soit 2.078 emplois (dont les 4 contrats de travail du point de vente de Monaco), moyennant le prix de 2 millions d’euros. Le candidat s’est engagé à financer la reprise à hauteur de 30 millions d’euros d’apports en capital et à l’aide d’un Prêt Garanti par l’Etat (PGE) d’un montant 45 millions d’euros. Ephigea (Grain de Malice) qui envisageait la reprise de 43 fonds de commerce et des 115 contrats de travail rattachés au prix de 15.000 euros et Global Logistic Technologies (Groupe Log’s) prévoyant la reprise de l’activité logistique et des 110 contrats de travail rattachés au prix de 10.001 € se sont associés à l’offre présentée le candidat ;

  • celle de la Foncière Immobilière Bordelaise (FIB), société d’investissement en immobilier qui a notamment acquis vingt deux franchises Galeries Lafayette en 2018, envisageant la reprise de 511 magasins et des 2.659 salariés rattachés au prix de 2 euros outre les stocks à hauteur de 300.000 euros. Le candidat s’est engagé à financer l’opération à hauteur d’1 million d’apports en capital, 4 millions de prêt d’obligataire et de 15 millions d’apport en compte courant.

Par jugement du 17 août 2020, le Tribunal de commerce de Lille a finalement ordonné la cession des actifs et activités de la société Camaïeu International au profit de la société financière FIB.

Camaïeu International était accompagné par ses administrateurs judiciaires les études AJC (Jean-Luc Mercier et Colins Metallier) et BCM (Eric Bauland) et ses mandataires judiciaires, les études MJ Valem Associés (Emmanuel Loeuille) et MJS Partner (Nicolas Soinne).

Le groupe a été en outre conseillé par le cabinet Gibson Dunn (Jean-Pierre Farges et Pierre-Emmanuel Fender).

Le repreneur, la société FIB a été conseillée par le cabinet Oplus (Olivier Pardo et Baptiste de Fresse de Monval) et par la banque d’affaires Wingate (Stéphane Cohen, Pierre Chupin et Raphaël Vidal).

La société Ephigea (Grain de Malice) était conseillée par les cabinets Latham & Watkins (Alexandra Bigot, Thomas Doyen, Célia Jiquel et Eeva Bernard en restructuring et Jacques-Philippe Gunther et Mathilde Ayel sur les aspects antitrust) et De Gaulle Fleurance & Associés (Déborah David et Tiphaine Gaubert) sur les aspects sociaux. La société Global Logistics Technologies était quant à elle représentée par le cabinet Simon Associés (Laure Warembourg).

Natixis, le Crédit Suisse et HIG ainsi que l’ensemble des banques d’exploitation étaient conseillés par le cabinet De Pardieu Brocas Maffei (Philippe Dubois, Ségolène Coiffet et Clément Maillot-Bouvier).

Les fonds Farallon, CVC et GoldenTree ainsi que Joannes Soënen et Robert Bensoussan ont été conseillés par le cabinet Hadengue (François Dupuy et Benjamin Bayi) dans le cadre de l’élaboration et de la présentation de leur offre de reprise.

Par Pauline Vigneron

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

*
*

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.