En 2025, plus de 68 000 entreprises ont fait l’objet d’une défaillance en France. Ce chiffre illustre l’ampleur des difficultés rencontrées par les entreprises et la nécessité de renforcer les mécanismes de prévention. C’est dans cette perspective qu’a été lancée la Charte de confiance, un engagement collectif dont l’ambition est de renforcer concrètement la prévention des difficultés en informant et en orientant plus tôt les entreprises vers les dispositifs existants.
Présentée le 10 février 2026 par Serge Papin, Ministre des Petites et Moyennes Entreprises, en présence de François Villeroy de Galhau, gouverneur de la Banque de France, cette Charte organise une mobilisation coordonnée des acteurs publics, privés et associatifs intervenant dans l’accompagnement des entreprises, afin de mieux articuler les dispositifs existants en matière de prévention et de traitement des difficultés.
Une culture de l’anticipation dès la création de l’entreprise
La Charte vise d’abord à développer une culture de l’anticipation auprès des dirigeants, notamment dès la création de leur activité. Cela passe par la mise en avant d’outils de pilotage adaptés, comme le prévisionnel de trésorerie, ainsi que par une meilleure information sur les dispositifs d’accompagnement disponibles.
Une évolution de la logique d’accompagnement
La Charte encourage également une intervention anticipée lorsque des signaux de fragilité apparaissent. Tensions de trésorerie, retards de paiement, dégradation d’indicateurs financiers ou difficultés sectorielles ne doivent plus être ignorés jusqu’à devenir critiques. Les signataires de la Charte, tels que les banques, experts-comptables, chambres consulaires, assureurs-crédit et les institutions publiques, s’engagent à prendre l’initiative du contact lorsqu’ils identifient ces signaux dans le cadre de leur mission. Leur rôle consiste alors à partager les constats, à examiner les leviers d’action possibles et à orienter rapidement le dirigeant vers le dispositif le plus adapté.
Cette évolution marque une inversion de logique. Jusqu’à présent, la démarche reposait principalement sur le chef d’entreprise, appelé à solliciter lui-même un accompagnement. Désormais, l’écosystème s’organise pour aller vers lui. L’idée est simple, plus l’intervention est anticipée, plus les chances de redressement sont importantes.
La mobilisation est large. Parmi les signataires figurent notamment la Médiation des Entreprises, la Médiation Nationale du Crédit aux Entreprises, la Banque de France, CCI France, CMA France, le Conseil National de l’Ordre des Experts-Comptables, la Fédération Bancaire Française, le Conseil National des Administrateurs Judiciaires et des Mandataires Judiciaires, l’URSSAF, APESA France ou encore Women in Restructuring. À leurs côtés se mobilisent également les professions du droit, les réseaux patronaux et les ministères économiques concernés.
À travers cette Charte de confiance, l’écosystème économique formalise une conviction partagée, la prévention des difficultés constitue un levier stratégique majeur et suppose une intervention coordonnée, structurée et anticipée.
Pour plus d’informations, consultez la Charte de confiance disponible en ligne.
Par Clémentine Kula