À l’occasion de son partenariat avec l’association TMA (Turnaround Management Association) France, Mayday a rencontré John Lloyd, Colin Leisk et Alexandre Le Ninivin, comptant parmi les membres fondateurs du bureau. L’occasion d’un échange pour présenter TMA, ses spécificités à l’international et ses ambitions françaises. 

Mayday : Pourquoi ce partenariat entre TMA France et Mayday ?

Cyprien de Girval : Mayday est une plateforme web dédiée aux entreprises en difficulté. Notre mission est d’utiliser le web pour favoriser la rencontre entre les parties prenantes d’une opération de retournement, à savoir une bonne partie des membres de l’association TMA. Pour répondre à cette mission, nous avons deux segments principaux à l’heure actuelle, Mayday Mag, magazine web dédié au décryptage du retournement et Mayday Assets, plateforme de transmission d’entreprises en difficulté. Nous sommes également en train de lancer Mayday Learning, qui sera à la fois un cycle de formation pour les professionnels du retournement et une plateforme de formation pour les acteurs occasionnels du retournement (chefs d’entreprises, actionnaires, etc). Mayday participe à répondre à deux problèmes, faire venir plus de repreneurs dans les reprises d’entreprises à la barre du tribunal et dédramatiser, en en parlant, les difficultés des entreprises pour favoriser les procédures amiables et collectives. Ainsi, comme TMA, nous essayons de participer à la pédagogie sur ce secteur.

Mayday : TMA France est affilié à TMA Global. Pourriez-vous présenter ce réseau ?

John Lloyd : TMA Global est un réseau mondial d’associations opérant dans le domaine du restructuring, créée en 1987. Son siège est à Chicago, et il compte près de 10 000 membres. Il s’agit d’un des principaux réseaux dans le domaine du retournement. TMA Global est présent sur tous les continents et dispose de 54 antennes dans le monde, principalement aux États-Unis et en Europe sachant que l’association s’implante et se développe en Asie, en Amérique Latine ainsi qu’en Afrique du Sud. 

TMA Global organise plusieurs évènements dont une conférence annuelle qui permet de réunir tous les membres du réseau. Cette année, elle se déroule en octobre aux États-Unis, en présentiel et à distance pour les autres membres.

Plus près de nous, TMA Europe – qui rassemble les 14 associations locales – monte en puissance et organise en moyenne 4 événements par an dans des villes différentes. La conférence annuelle Europe aura lieu « en ligne », le 30 septembre.

Les antennes organisent également leurs propres événements, qui sont généralement accessibles à tous les membres. Le programme est donc très riche.

Chaque association locale est indépendante et rassemble des professionnels exerçant dans toute la sphère du retournement au sens large. L’adhésion est libre, sans cooptation. L’esprit de TMA c’est l’ouverture, l’international, avec un esprit de partage des best practices, de progrès permanent, le tout dans une ambiance conviviale.

En outre, nous souhaitons proposer à nos membres des interactions avec les autres associations du marché du restructuring en France et en Europe, comme ce qui se fait déjà au niveau de TMA Global avec INSOL, III, etc.

Mayday : Quelle est l’histoire de TMA France ? Comment l’association fonctionne-t-elle ?

John Lloyd : TMA France a été créée au printemps dernier à l’initiative d’un petit groupe de professionnels motivés et ayant un fort tropisme international. Elle compte près de 80 membres issus de 19 métiers différents de notre écosystème : experts du chiffre, du droit, de la transformation, du management de transition, de l’accompagnement, de la banque, de l’investissement, etc.

L’association propose des webinaires autour d’acteurs de premiers plan (le député Romain Grau sera notre invité en octobre), des rencontres avec les autres associations locales (Chicago et l’Allemagne le mois prochaine) et des réunions mensuelles de networking (prochaine date le 16 novembre), et, bientôt des petits-déjeuners à thème et une conférence annuelle. Nous avons plusieurs commissions chargées de travailler sur différents thèmes : légal, évènement, international, formation etc.

TMA France s’appuie en outre sur plusieurs partenaires de premier plan comme Delville Management, Deloitte, Advancy, la Banque Delubac & Cie, Concorde et maintenant Mayday.

Nous sommes satisfaits de notre démarrage dans un contexte de crise sanitaire et nous souhaitons aller beaucoup plus loin. TMA répond à une vraie attente du marché des acteurs travaillant ou souhaitant développer à l’international.

Colin Leisk : TMA est en effet un cadre privilégié pour échanger avec d’autres professionnels du secteur, créer un réseau local et international et des opportunités de rencontre variées.

À ce titre, TMA Connect, qui est une plateforme digitale, facilite la mise en relation entre membres de tous les pays. Périodiquement, la plateforme nous met automatiquement en relation avec un autre professionnel membre de l’association selon des critères prédéfinis. C’est une belle façon d’amorcer le contact avec les uns et les autres et de créer les conditions propices au business et au référencement croisé.

Alexandre Le Ninivin : Nous avons également, au sein de TMA, une structure très active appelée « TMA Now » qui qui vise à promouvoir la place des femmes dans le milieu du restructuring.

Le réseau a également créé « TMA Next Gen » à destination des jeunes professionnels ou étudiants du secteur, de moins de 35 ans, qui prend de l’essor.

Enfin, TMA a créé l’EACTP, un organisme de formation qui permet, chaque année, à une dizaine de professionnels européens de recevoir une formation interactive et qualifiante.

Mayday : Quelles sont les perspectives de développement de TMA France ?

Alexandre Le Ninivin : Le « T » de TMA correspond au concept anglosaxon de « Turnaround » qui signifie retournement ou réorganisation. Ce concept englobe notamment les restructurations d’entreprises en difficulté, la prévention et la sphère judiciaire, mais vas plus loin. Nous couvrons ainsi toutes les questions financières, de transformation, de crise de croissance, les carve out et les build-up, etc. que l’on rencontre en amont. A ce titre, TMA a organisé un webinaire avec France Invest, les investisseurs, family office et fonds étant très souvent au cœur des plans de retournement et donc légitimes à nous rejoindre ; ce d’autant qu’ils sont très présents dans les autres associations, notamment aux USA, aux UK et au Canada.

Le but est que tous les acteurs du « turnaround » se rassemblent et que nos diverses antennes échangent entre elles pour créer de la valeur.

John Lloyd : Notre secteur est actif et la France est au cœur de l’Europe ; tous les ingrédients sont réunis pour que le succès soit au rendez-vous. Nous visons 200 à 300 membres pour atteindre notre prochain palier. Nous avons beaucoup de projets et vous êtes tous les bienvenus pour échanger, partager sur tous ces sujets.

Propos recueillis par Caroline de Bonville 

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