Alors que la Coupe du Monde s’apprête à faire vibrer les amateurs de football autour de valeurs collectives et de dépassement de soi, l’AJR a réuni, le 6 mai 2026 au sein du cabinet Racine, une équipe de sept experts du restructuring et les étudiants des Masters ALED Paris 1, ALED Lyon 3 et TRED Paris 2 – une première. Persévérance, cohésion, capacité à orchestrer de véritables remontada : autant de qualités que le restructuring partage avec le football de haut niveau.
Créées pour rapprocher étudiants et jeunes professionnels du restructuring, les rencontres AJR x Masters se sont imposées depuis plusieurs années comme un rendez-vous incontournable pour les formations spécialisées dans le traitement des entreprises en difficulté. L’exercice est rodé : des intervenants représentant l’ensemble des métiers du restructuring se prêtent au jeu d’une discussion informelle avec les étudiants, livrant réalités de terrain, retours d’expérience et conseils de carrière.
L’édition 2026 marque une étape supplémentaire : pour la première fois, les masters ALED Paris 1, ALED Lyon 3 et TRED Paris 2 ont été réunis lors d’une même rencontre, démultipliant ainsi les échanges entre étudiants de formations complémentaires.
Le coup d’envoi pour 90 minutes intensives plongées dans le monde du restructuring
La soirée s’est articulée en deux temps :
- Première mi-temps : chaque intervenant a d’abord présenté son parcours et les raisons de son orientation vers le restructuring. L’échange a ensuite mis en lumière les moments clés d’intervention de chaque professionnel et les interactions entre les métiers ;
- Deuxième mi-temps : la soirée s’est conclue par une séance de questions-réponses particulièrement nourrie. Les étudiants, invités à préparer leurs questions en amont, ont notamment interrogés les intervenants sur la mission de représentation de l’administrateur judiciaire – réalité plus rare en pratique – ainsi que des retours d’expérience sur les classes de parties affectées.
La composition de l’équipe et les postes des titulaires
Sous le coaching de Camille Moïse (Vice-Présidente de l’AJR), Edern Lagadec (membre du Bureau) et Morgane Michel (Secrétaire Générale), sept intervenants, représentant l’ensemble des métiers du restructuring, ont pris part à la rencontre : Jérôme de Chanaud (AJILINK) pour les administrateurs judiciaires, Fanny Torres (BTSG) pour les mandataires judiciaires, Clémence Legout (LPA) pour les avocats, Meguy Planchon (PwC) pour les auditeurs financiers, Camille Verde (VP Strat) pour les communicants de crise, Éléonore Delplanque de Mandelot (IQ EQ) pour les fiduciaires, et Aruna Gallo Soogrim pour les instances étatiques.
Ces professionnels ont pu expliquer aux étudiants que, comme sur un terrain de football, chaque acteur du restructuring occupe un rôle clé, et que la cohésion ainsi que l’esprit d’équipe sont nécessaires pour renverser la situation.
Les auditeurs financiers, premiers à fouler le terrain, sont généralement les mieux placés pour identifier une impasse de trésorerie.
Les avocats, tels des milieux de terrain, accompagnent le débiteur à chaque étape, et notamment dans le choix de la procédure adaptée.
Véritables capitaines du dossier, les administrateurs et mandataires judiciaires entrent alors en jeu, en amiable – mandat ad hoc, conciliation – ou en procédure collective, en interaction constante avec les autres conseils.
Le rôle du fiduciaire a également été abordé, et plus précisément la manière dont la fiducie peut être mobilisée tant en préventif qu’en collectif.
Les communicants de crise, gardiens de l’image, ont rappelé l’importance du contrôle de la parole, en interne comme en externe, pour permettre un retournement réussi.
Enfin, le rôle des instances étatiques a été évoqué, notamment la manière dont l’URSSAF, tel un arbitre bienveillant, peut s’adapter face aux difficultés des entreprises et faciliter ainsi le retournement.
A l’issue de la rencontre, Mayday a pu recueillir les impressions des participants tels que Jérôme de Chanaud qui reconnait que « cette rencontre avec des étudiants très intéressés et sympathiques » permet également aux professionnels « de prendre un peu de recul sur notre profession et la façon dont on l’exerce ».
Clémence Legout a, quant à elle, rappelé que « cette rencontre est l’occasion de mettre en lumière de la complémentarité de nos métiers et l’importance de constituer des task forces dans les dossiers pour en assurer le succès, tout ceci dans un cadre convivial avec des étudiants en demande de connaître les aspects pratiques des métiers du restructuring ».
Pierrick Dupray, pour l’ensemble de la promotion ALED Paris I, a quant à lui indiqué que « beaucoup d’étudiants de ma promotion ont découvert la profession de communicant de crise et ont été intéressés par celle de fiduciaire. Nous avons particulièrement apprécié pouvoir entendre le point de vue d’un représentant des instances étatiques sur les différentes questions qui ont pu être abordées au cours de l’échange. »
Charles Tronel, Président du Master 2 TRED, a précisé : « Les interventions des différents professionnels et la diversité des métiers représentés, notamment dans l’approche des dossiers, ont été particulièrement enrichissantes. Une mention spéciale pour le métier de fiduciaire, que beaucoup d’étudiants ont découvert avec intérêt et qui a suscité de nouvelles perspectives professionnelles. […] Enfin, la rencontre entre les différents masters a été un moment fort de l’événement, favorisant des échanges enrichissants et de futurs liens professionnels. »
Romane Richerd, présidente de l’association du Master ALED Lyon 3 conclut : « Les étudiants du Master ALED de Lyon ont été ravis d’être conviés à cet événement, apprécié pour la qualité des échanges et l’atmosphère qui y a régné. Un accueil bienveillant a été proposé, favorisant les discussions ouvertes et constructives entre les participants et les auditeurs. Le restructuring a été abordé à travers le prisme de l’actualité et des enjeux professionnels du secteur. Grâce à la diversité des profils représentés — conseils, financiers, professions réglementées et fiduciaire — des points de vue complémentaires ont pu être partagés. Les échanges ont surtout été marqués par une approche très concrète : le cadre théorique a été dépassé au profit de retours d’expérience et de problématiques directement issues du terrain ».
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Cette édition 2026, qui réunit pour la première fois les trois masters en un même lieu, illustre la montée en puissance d’un format qui s’impose année après année. Comme en Coupe du Monde, c’est la force du collectif qui fait la différence. Et à en juger par la qualité des échanges, la relève du restructuring a tout d’une grande équipe.
Par Agathe Caquineau