hôtel

En France, un hôtel disparaît chaque jour dont la moitié en zone rurale. Tous les départements sont concernés alors que le marché de l’écotourisme connaît une bonne vitalité. Mayday décrypte la transformation du marché de l’hôtellerie de campagne.

Le drame de l’hôtelier qui souhaite quitter la profession est bien souvent de ne pas trouver de repreneur, même si parfois les affaires tournent bien. C’est ainsi que dans l’Ain 40 % des hôtels-restaurants ont fermé à défaut de candidat à la reprise.

Une étude du cabinet In Extenson TCH montre qu’en France 1 hôtel ferme ses portes chaque jour et que la moitié de ces établissements se situent en zone rurale. Cela représente au total près de 20.000 emplois chaque année.

L’absence de candidat à la reprise s’explique tout d’abord par un découragement dû aux normes qui doivent être respectées pour exploiter de tels établissements. Certains candidat-repreneurs préféreraient s’orienter vers un hébergement plus souple en termes de règlementation : le gîte rural.

Un autre élément d’explication provient des changements d’habitudes de la population. En effet, autrefois ces hôtels étaient principalement fréquentés par les VRP des entreprises. Or ces derniers préfèrent aujourd’hui se loger près des axes routiers ou TGV. Par ailleurs, le niveau d’exigence des clients s’est globalement élevé. En outre, le choix d’un hôtel se fait aujourd’hui essentiellement par internet où les hôtels de campagne ne sont pour certains pas présents, préférant fonctionner sur la base du bouche à oreille ou d’affichages au bord des routes nationales. Sur ce dernier point, la loi Grennelle II a compliqué les choses, puisque ces panneaux dits « préenseignes dérogatoires » sont désormais interdits en dehors des villes de moins de 10.000 habitants … Les associations professionnelles telles que l’UMIH et la Fédération internationale des logis sont révoltées et bénéficient du soutien de l’association des maires ruraux de France.

Les premières assises rurales nationales auront lieu les 9 et 10 avril prochain à Rodez et nul doute que ces questions seront évoquées à cette occasion et qu’il sera de bon ton d’y apporter des réponses.

Cette situation est d’autant plus regrettable que l’engouement pour l’écotourisme a la côte, Chaque région développant son programme : œnotourisme en Bourgogne et en Gironde, séjour en forêt, tourisme fluvial, etc. Pour l’instant ce dynamisme du tourisme rural profite essentiellement aux chambres d’hôte et aux gites ruraux L’hôtellerie de campagne doit donc se réinventer pour attirer cette nouvelle clientèle et capter ces parts de marché. Airbnb avance d’ailleurs déjà ses pions sur ce marché et a ainsi déjà noué un premier partenariat en ce sens avec le département d’Eure-et-Loire.

Par Cyprien de Girval

 

 

 

 

 

 

 

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