Trente-cinq ans d’existence, plus de 1 000 diagnostics, 650 missions opérationnelles, près de 200 mandats sociaux et une règle intangible : seuls les associés interviennent sur les missions. Pas de collaborateurs envoyés en avant-garde. Fondé en 1988, Dirigeants & Investisseurs, cabinet de direction générale, s’est construit sur une conviction simple : pour redresser une entreprise, il faut avoir déjà dirigé.
Tous ses associés (ie Patrick Bordessoule, Albert Bruneau, Pascal Heems, Philippe Lang, Emmanuel Pinto, Nicolas Trouche, Frédéric Weishaar) ont exercé plusieurs fois en direction générale, dans des environnements variés, avant de rejoindre la structure. La moyenne d’âge tourne autour de 55 à 58 ans. « Ce sont des managers expérimentés, tout terrain, qui sont en capacité d’aborder les difficultés parce qu’ils ont eu l’avantage d’y être confrontés sur d’autres entreprises », résume Patrick Bordessoule, associé depuis dix-sept ans.
Le cœur de l’activité porte sur des entreprises entre 80 et 150 millions d’euros de chiffre d’affaires, avec 500 à 800 salariés. Le cabinet accompagne également, de manière plus ponctuelle, des structures sans activité, comme des startups en séries B-C, jusqu’à des groupes dépassant le milliard. Il intervient aussi bien en procédures amiables que judiciaires, une proportion qui s’est nettement rééquilibrée au profit des secondes depuis deux ans. Sur les dossiers de grande ampleur, le cabinet mobilise plusieurs associés en parallèle : c’est le cas du Groupe ACI, récemment couvert par la presse, où l’équipe est intervenue collectivement.
La clientèle est majoritairement composée de fonds d’investissement, avec une part notable d’entreprises familiales.
D&I ne revendique aucune expertise sectorielle. Ce que le cabinet maîtrise, c’est la situation elle-même : la crise, la remobilisation des équipes, la gestion des priorités. Un associé aura traversé sept à douze situations comparables avant d’en accompagner une nouvelle.
L’équipe compte entre dix et onze opérateurs, associés ou partenaires. Les partenaires conservent une liberté géographique là où les associés s’engagent sur une mobilité nationale complète. Mais tous partagent la même méthode. Chaque dernier vendredi du mois, le collège se réunit pour passer en revue l’intégralité des dossiers actifs. Un dispositif de contrôle croisé qui, pour Patrick Bordessoule, associé, est au cœur de la cohérence du cabinet : « Il y a une méthode D&I, il y a une éthique D&I. Et cette méthode est appliquée par tous. »
Sur le terrain, les interventions débutent systématiquement par une phase diagnostique de six semaines, menée par deux associés en binôme. L’objectif : ausculter l’entreprise sans filtre, de l’ouvrier en ligne au cadre dirigeant, trente à cinquante entretiens selon la taille. La phase opérationnelle qui suit dure de douze à dix-huit mois. « Notre vocation n’est pas de nous engager au-delà de 18 ou 24 mois dans les entreprises », précise Patrick Bordessoule.
Sur un marché où rares sont les acteurs structurés, face à une myriade d’indépendants, D&I occupe une position particulière : une équipe intégrée, interchangeable, et dotée d’une signature commune.
Par Camille Rougeau