Le 1er décembre 1931, c’est l’ouverture du premier Prisunic qui développa en France, sous l’impulsion du Groupe Printemps, les magasins de vente à prix unique. Emblématique de la société de consommation de la France née des Trente Glorieuses, cette marque disparue il y a plus de 15 ans est restée dans l’esprit des français comme en témoigne Alain Juppé qui cite encore en 2016 « la vendeuse de Prisunic » lors des primaires présidentielles …

Prisunic : pas tout à fait ! Pour être plus précis, il y avait au départ 5 prix différents, allant de 0,5 francs à 10 francs. Le concept fut simple et très efficace : prix très bas, services réduits au strict nécessaire et organisation très centralisée.

En 1965, le styliste Jean-Pierre Bailly dessine le nouveau logotype de Prisunic : une cible fleurie en son centre. Les magasins de l’enseigne se développent à un rythme soutenu jusque dans les années 60. En 1971, la marque peut se targuer d’être présente dans 420 magasins dont 354 en France.

La marque à la cible fleurie a permis de donner un nouvel élan aux marques propres, telles que Forza pour l’alimentation et à développer le concept de la franchise, qu’on appelait à l’époque affiliation. Par la suite, les magasins aux prix uniques ont été leader dans le mouvement de « trading up » qui a été emblématique des magasins populaires après la seconde guerre mondiale. La collection est ainsi passée de 5.000 articles environ à 20.000.

De même ont été créés des services de style, lancement de catalogues de mobiliers contemporains, vente de lithographies originales, ligne haut de gamme alimentaire, et même livraisons dans certains cas. Le style PRISUNIC s’est retrouvé aussi bien dans les arts de la table, les vêtements que les meubles grâce aux talents de designers devenus célèbres par la suite.

Le développement des supermarchés et des hypermarchés a sonné le glas de l’expansion de PRISUNIC. PRISUNIC dut se replier sur les centres villes, là où les hypers étaient moins présents.

C’est en 1991, du fait de son rachat par le groupe PPR qu’une politique nouvelle est mise en œuvre : affiliation à la centrale d’achats Promodès, restructurations de magasins, réduction du nombre de franchisés, ce qui ramène le nombre total de magasins en métropole à un peu plus de 200.

En octobre 1997 l’enseigne à la cible fleurie est rachetée par MONOPRIX, avec le soutien de CASINO. Les magasins, pour certains largement déficitaires, sont ensuite restructurés et intégrés au réseau des magasins à l’enseigne Monoprix. Le dernier établissement à l’enseigne Prisunic ferme ses portes à Noisy-le-Sec en 2003.

Par Cyprien de Girval

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