Tie Rack

Une cravate bien nouée est le premier pas sérieux dans la vie … et les trois candidats à la reprise de Tie Rack sont de cet avis ! Le Tribunal de commerce de Nanterre a finalement retenu l’offre du papetier Draeger La Carterie qui diversifie son activité en reprenant les actifs et activités de l’enseigne spécialiste de la cravate, Tie Rack.

Créée en 1981 en Angleterre, la société Tie Rack est spécialisée dans la vente de cravate à petit prix. Le groupe français Dutel, fournisseur historique de l’enseigne, a développé la marque Tie Rack en France à partie de 1986. La société exploite 27 points de vente répartis sur l’ensemble du territoire français, dont 11 implantés dans la région parisienne. Elle emploie 109 salariés (dont 106 en CDI) et a généré un chiffre d’affaires de l’ordre de 10 millions en 2019.

Déjà fragilisée par le mouvement des gilets jaunes et par les grèves contre la réforme des retraites, Tie Rack a subi de plein fouet les effets de la crise sanitaire et la fermeture de l’ensemble de ses magasins, contraignant l’enseigne à se placer sous la protection du Tribunal de commerce.

Par jugement du 29 avril 2020, le Tribunal de commerce de Nanterre a ainsi ouvert une procédure de redressement judiciaire au profit de la société Tie Rack France et a désigné les études FHB (Gaël Couturier) et AJUP (Eric-Etienne Martin) en qualité d’administrateur judiciaire et les études De Bois-Herbaut (Alexandre Herbaut) et BTSG(Marc Sénéchal) en qualité de mandataire judiciaire.

Les prévisions de trésorerie produites à l’appui de la déclaration de cessation des paiements démontrant l’impossibilité pour la société Tie Rack France de financer à terme son activité et de présenter un plan de continuation, les administrateurs judiciaires ont initié une recherche de repreneur et ont fixé une date limite de dépôt des offres au 4 juin 2020. La société a finalement, par jugement du 24 juin 2020, été placée en liquidation judiciaire avec poursuite d’activité d’une durée d’un mois en vue de la cession de ses actifs et activités. Ce même jugement a maintenu les administrateurs judiciaires et les mandataires judiciaires dans leurs fonctions.

Les administrateurs judiciaires ont reçu trois marques d’intérêts émanant respectivement des sociétés Athena Family, Moa et Draeger La Carterie.

Athena Family proposait la reprise de 17 fonds de commerce sur les 27 existants et 45 salariés sur 109. Au plan financier, la société offrait un prix de cession global et définitif de 300.000 €. Moa envisageait quant à elle la reprise de 26 fonds de commerce et de 84 postes de travail, moyennant le prix de 250.000 € outre la reprise du remboursement du solde des prêts en garantie desquels des nantissements de fonds de commerce ont été pris.

Draeger La Carterie, spécialisée dans la création et la commercialisation d’articles de carterie, de papeterie et cadeaux, prévoyait la reprise de l’intégralité des fonds de commerce exploités par l’enseigne ainsi que l’ensemble des salariés, soit 109 postes, moyennant un prix de cession d’un montant de 320.001 € outre la reprise du remboursement des prêts bénéficiant des dispositions de l’article L. 642-12 al. 4 du Code du commerce.

C’est donc sans réelle surprise que le Tribunal de commerce de Nanterre a, par jugement du 2 juillet 2020, arrêté le plan de cession des actifs et activités de l’enseigne de cravate Tie Rack au profit de la société Draeger La Carterie, qui s’est engagé à reprendre 100% des effectifs dans un contexte de crise sanitaire particulièrement dévastatrice pour le secteur du retail.

La reprise de l’activité de Tie Rack France permet au papetier d’inscrire sa nouvelle enseigne dans une stratégie de vente omni canal, de compléter l’offre des magasins Tie Rack par des nouveaux produits pour augmenter le panier moyen, de redonner une dimension internationale à la marque, de mutualiser les charges et d’améliorer le sourcing des produits.

La société Tie Rack était accompagnée par ses administrateurs judiciaires, les études FHB (Gaël Couturier, Julia Calles et Karine Couteau) et AJUP (Eric-Etienne Martin et Emmanuel Grometto) et ses mandataires judiciaires De Bois-Herbaut (Alexandre Herbaut) et BTSG(Marc Sénéchal).

Tie Rack était par ailleurs conseillée par le cabinet d’avocats Lamy Lexel (Edouard Bertrand et Anne Gaelle Prost) pour les aspects juridiques et par KPMG (Guillaume Réquin) sur les aspects financiers.

Le repreneur, Draeger La Carterie était quant à lui, conseillé par le cabinet Jurigroup (Jean-Marc Bidon, Carole Messeca, Damian Genton et Sarah Abdoul).

La société MOA était conseillée par le cabinet GK Avocats (Gilles Grinal).

Par Pauline Vigneron

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