En 2025, la France a franchi un nouveau seuil dans la dynamique des défaillances d’entreprises, 68 574 entreprises ont ouvert une procédure collective, un niveau jamais atteint jusqu’à présent. Le rapport « Défaillances et prévention : anticiper pour rebondir » publié par EY Parthénon (Pascal Gounon, Julien Brindeau) et AU Group (Louis Bollaert, Olivier de La Pontais) fait le point sur la situation des entreprises en difficulté en 2025 et anticipe les tendances pour 2026, à partir des données d’Allianz Trade et des analyses d’experts. Au-delà du constat, l’étude insiste sur un point central : l’anticipation des difficultés demeure un levier essentiel pour permettre aux entreprises de rebondir.
68 574 entreprises ont ouvert une procédure collective en France : un record historique. Néanmoins, Pascal Gounon, Julien Brindeau, Louis Bollaert et Olivier de La Pontais invite à dépasser la seule lecture alarmiste de ces chiffres en mettant en lumière un environnement économique, certes encore fragilisé, mais aussi une capacité de rebond du tissu entrepreneurial français porté notamment par une dynamique de création d’entreprises toujours très soutenue.
Une hausse des défaillances dans un contexte économique incertain
L’année 2025 a été marquée par une augmentation de 4% des défaillances, justifiées par plusieurs facteurs tels que l’instabilité politique, les incertitudes fiscales et budgétaires, ainsi qu’une inflation difficile à répercuter pour les entreprises. Dans certains secteurs, ces tensions s’ajoutent à une concurrence internationale exacerbée, notamment liée à des produits manufacturés provenant des zones à faible coûts de main-d’œuvre.
Ces différents éléments contribuent à fragiliser certaines filières industrielles ainsi que plusieurs secteurs dépendant de la demande intérieure.
Les secteurs les plus exposés
La hausse des défaillances concerne principalement les secteurs de l’hôtellerie – restauration et les services B2B. Dans le même temps, les secteurs de la construction et du commerce de détail se stabilisent à des niveaux élevés et représentent environ 40% des procédures collectives.
Ces tendances confirment la pression persistante pesant sur plusieurs secteurs confrontés à la contraction de la demande, à la hausse des coûts et à l’évolution rapide de leurs marchés.
Retour sur le top 10 des entrées en procédure collective en 2025
L’année 2025 a ainsi été marquée par de nombreuses procédures, dont certaines concernant des entreprises réalisant un chiffre d’affaires significatif. Ainsi, parmi les principales défaillances figurent notamment :
Une dynamique entrepreneuriale toujours forte
Malgré le contexte difficile, Pascal Gounon et Julien Brindeau mettent en avant un signal encourageant : la création d’entreprises reste particulièrement dynamique.
En 2025, 1,1 million d’entreprises ont été créées en France, soit environ deux fois plus qu’il y a 10 ans. Certes, près des deux tiers concernent des micro-entrepreneurs, mais le nombre total d’entreprises continue de progresser, même en tenant compte des radiations et des liquidations. Le solde reste donc positif, témoignant d’un dynamisme entrepreneurial important.
Vers une évolution des défaillances en 2026 ?
Les prévisions pour 2026 anticipent une légère baisse des défaillances, avec environ 65 000 procédures, soit un recul estimé à -3%. Cette amélioration resterait toutefois relative, même en recul, le niveau de défaillances demeurerait l’un des plus élevés observés ces dernières années.
Dans un contexte de croissance économique modérée et d’incertitudes budgétaires persistantes, la prudence reste donc de mise pour les entreprises.
Anticiper pour mieux rebondir
Pascal Gounon et Julien Brindeau insiste sur un point central : l’anticipation des difficultés demeure déterminante. Pour les entreprises confrontées à des tensions de trésorerie, un accompagnement précoce permet souvent d’activer les leviers efficaces : optimisation opérationnelle, ajustement de la structure financière ou encore recours à des procédures amiables. « Plus les difficultés sont détectées tôt, plus les chances de rebond sont réelles. »
Par Clémentine Kula

