Liquidation judiciaire aigle azur

La nouvelle est tombée hier soir, le 27 septembre 2019, aucune offre de reprise sérieuse n’a été présentée au Tribunal de commerce d’Evry pour la reprise d’Aigle Azur qui va cesser son activité après 73 ans dans les airs.

La compagnie aérienne, dont les 11 avions ne volent plus, pour mémoire, depuis le 7 septembre, avait été placée en liquidation judiciaire le 16 septembre avec poursuite d’activité jusqu’à vendredi dernier.

Des conditions de reprise strictes

Si deux offres de reprise étaient étudiées par le Tribunal de commerce d’Evry, aucune n’était satisfaisante selon le Tribunal. L’une, qui était formulée par deux anciens responsables d’Air France, Lionel Guérin et Philippe Micouleau, était conditionnée à l’obtention d’un prêt participatif de 15 millions d’euros auprès de l’Etat, l’autre, qui était présentée par Lu Azur, actionnaire minoritaire d’Aigle Azur à hauteur de 19%, ne paraissait pas non plus présenter les garanties financières requises pour une telle opération.

Aussi, comme le rapporte BFM Business « Aucune solution pérenne n’a été proposée par les candidats repreneurs », a déploré la présidente soulignant « les désistements ou les absences d’offres concrètes, l’absence de moyens financiers des candidats crédibles », « l’indétermination de la provenance des fonds » ou encore « l’irrecevabilité de certaines propositions ».

Il y a lieu de rappeler que les conditions de reprise d’une compagnie aérienne sont très strictes. Comme le rappelle Les Echos, non seulement il faut pouvoir montrer que le repreneur dispose d’une trésorerie équivalente à un mois d’exploitation d’avance et, par ailleurs, que les candidats repreneurs disposent des certificats leur permettant d’exercer l’activité de compagnie aérienne.

Le désistement prémonitoire d’Air France et du groupe Dubreuil

C’est pourquoi, en réalité, le retrait d’AIR France et du groupe Dubreuil, sur lesquels tous les espoirs reposaient, avait été perçu comme prémonitoire du résultat.

Dans ce contexte, Aigle Azur qui emploie quelque 1.150 personnes, dont 800 en France et 350 en Algérie, a cessé ses activités vendredi soir. L’ensemble du personnel devrait être licencié par le mandataire judiciaire, mais les compagnies existantes devraient pouvoir en embaucher une partie importante. Air Caraibes et French Bee ont déjà ouvert un portail permettant aux salariés de s’inscrire pour entamer une procédure de recrutement.

La cessation d’activité entraine également la libération des créneaux utilisés par Aigle Azur dans les aéroports. En la matière les règles sont strictes, la moitié sera affectée aux compagnies déjà en place et l’autre moitié aux nouveaux entrants, s’il y en a.

Par Cyprien de Girval

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