S20 Industries

Vendée, l’usine S20 Industries, ancienne usine Fagor Brandt située près de la Roche sur Yon a été placée en redressement judiciaire le 24 avril dernier. L’ouverture de cette procédure au bénéfice du fabricant de lave-linges made in France serait due à une absence de diversification de sa production et une dépendance trop forte envers son principal client défaillant, la société Brandt. Un appel d’offres a été lancé. Les repreneurs ont jusqu’au 28 mai prochain pour se manifester auprès de César Hubben, administrateur judiciaire de S20 Industries.

Spécialisée dans la conception, l’industrialisation et la fabrication de produits finis pour les marques de produits électroménagers et accessoires de la maison haut de gamme, S20 Industries est née du rachat en 2014 de l’ancienne usine Esswein fondée en 1958 qui était devenue par la suite l’usine Fagor-Brandt. La reprise de l’usine a été menée par d’anciens cadres et S20 Industries figure également aujourd’hui au titre des participations de Siparex. Ce site a rassemblé plus de 2000 salariés à la fin des années 1990. Après plusieurs dépôts de bilan, il en compte aujourd’hui 97. Dernière usine française à fabriquer des lave-linges aussi développés, cette dernière ambitionnait de reprendre la place qu’elle n’aurait pas dû perdre dans le paysage industriel vendéen.

Un principal client défaillant

Réalisant plus de 11 millions d’euros de chiffre d’affaires en 2017, S20 Industries comptait comme principal client la société Brandt. Cette dernière représenterait en effet 80 % de son chiffre d’affaires. Cependant, Brandt traverse elle-même une zone de turbulence, accentuée par l’incarcération d’Issad Rebrad, PDG de Cevital propriétaire de Fagor-Brandt et d’Oxxo, société spécialisée dans les portes et fenêtres.

Première fortune d’Algérie, l’industriel de 74 ans a été arrêté à Alger en avril dernier et est accusé de malversations. Il est à la tête d’un conglomérat actif dans quatre grands secteurs d’activité : l’agroalimentaire, l’industrie, la logistique & distribution et l’automobile & services et affiche un chiffre d’affaires de 4 milliards de dollars et 18.000 salariés. En une cinquantaine d’années, Cevital est devenu un véritable empire fondé en 1971 à partir d’une petite entreprise de construction métallique. Jouissant d’une bonne réputation en France suite notamment au rachat de Brandt et Oxxo, il avait annoncé le 5 novembre dernier, en présence du Président Macron, vouloir investir près de 200 millions d’euros dans une nouvelle usine ultra moderne de traitement de l’eau située dans les Ardennes et pouvant créer plus de 250 emplois dans cette région.

De son côté, Brandt a subi d’importantes difficultés en raison d’une réalisation moins rapide que prévue de son plan de transformation. Ceci a causé des retards de paiement auprès de ses fournisseurs et la production s’en est trouvée ralentie. En parallèle, la lente montée en puissance de l’usine algérienne de Sétif a pesé sur les ventes, les distributeurs n’ayant pas à leur disposition toutes les gammes de produits désirées.

Une diversification ratée

Souhaitant réduire sa dépendance à Brandt, S20 Industries avait pourtant pour ambition de diversifier sa production. Elle a ainsi développé plusieurs projets innovants, comme la production des armoires séchantes Sécobox, sans réels débouchés commerciaux en raison semble-t-il d’absence de force commerciale dédiée.

Également, la start up Daan Technologies devait y développer un mini lave-vaisselle innovant baptisé « Bob ». Elle a malheureusement annoncé qu’en raison de l’ouverture du redressement judiciaire, elle renonçait à développer son projet chez S20 Industries. La jeune pousse ne souhaite pas s’engager dans un partenariat qui pourrait s’avérer défaillant et compromettre son propre avenir. Une quinzaine de salariés de S20 Industries travaillaient sur ce projet, dont la production devait partir fin 2019.

Dans ce contexte, la SELARL AJIRE, prise en la personne de César Hubben a été désignée en qualité d’administrateur judiciaire de S20 Industries et la SCP DOLLEY-COLLET, prise en la personne d’Olivier Collet a été désignée en qualité de mandataire judiciaire. Un appel d’offres a été lancé. Les repreneurs ont jusqu’au 28 mai prochain pour déposer leurs offres de reprise auprès de l’administrateur judiciaire.

Par Cyprien de Girval

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